• Antonin Biret, étudiant de licence en kinésithérapie au CEU Elche, se rendra en Afrique pendant deux mois pour aider les enfants avec un handicap

Kinésithérapie et solidarité : comment un étudiant en kinésithérapie peut marquer la différence ? Antonin Biret a la réponse. Il n’envisage pas son avenir professionnel  sans apporter son aide aux personnes handicapées. Cet esprit solidaire le mènera au Togo cet été, avec l’association française JEMAV « Jeunes étudiants du monde en action pour le volontariat ». Il participera pendant deux mois au projet “Handicap Debout”, pour aider les enfants souffrant d’un handicap physique, comme le pied bot, la dysplasie de hanche ou la paralysie cérébrale. Pour financer son projet, il a lancé une collecte sur ses réseaux sociaux : https://www.instagram.com/antogo_kine/https://www.leetchi.com/c/humanitaire-au-togo-antonin2020 et https://www.facebook.com/antonin.biret.7.

Pourquoi vous voulez participer à ce projet de kinésithérapie solidaire ? 

J’ai toujours voulu faire du volontariat et quand j’ai vu que je pouvais joindre la kinésithérapie au volontariat, ce fut une grande surprise. En plus, c’est un projet qui vise à améliorer la qualité de vie des enfants d’un point de vue sanitaire. C’est donc un projet dans lequel je me sens utile et où je pourrai appliquer tout ce que j’apprends. L’association accueille les étudiants pour des séjours d’une durée minimum de 6 semaines. J’ai calculé qu’entre le dernier examen de rattrapage et le début de l’année 2021-2022 il y avait 6 semaines.

¿Pourquoi avez-vous choisi l’ONG JEMAV pour aller au Togo?

Je suis tombé sur cette association sur Facebook parce que je fais partie d’un groupe où sont publiées des offres d’emploi dans le domaine de la kinésithérapie à l’étranger. J’ai vu qu’ils cherchaient un kinésithérapeute (étudiant inclus). J’ai répondu à l’offre et une volontaire m’a répondu et m’a expliqué en détail en quoi consistait l’offre. Après, nous avons parlé au téléphone pour résoudre différentes questions et pour voir s’il était possible de signer un accord de stage entre l’association et l’université. On m’a donné les coordonnées de la présidente de l’association que je peux contacter en cas de besoin.

L’expérience de la kinésithérapie solidaire

Vous pensez qu’une expérience comme celle-ci peut vous aider à développer certains principes fondamentaux pour devenir un bon kiné et une bonne personne ? Pourquoi ?

Je n’aurai certainement pas tout le matériel que nous utilisons habituellement ici en Europe, donc il faudra que je fasse preuve d’imagination pour inventer des jeux ou des moyens pour stimuler les patients, pour pouvoir travailler avec eux. Et comme je vais travailler avec des enfants, il faudra que je m’adapte à eux. Parfois, ils n’auront peut-être pas très envie de travailler… Je vais aussi développer des compétences sociales et des compétences en communication. Leur langue maternelle n’est pas le français, c’est l’éwé. Et même s’il y aura un traducteur à mes côtés, je vais tout de même devoir développer mes autres sens pour me rendre compte de leurs émotions et de l’expression de leur visage. Et comme je veux me spécialiser en pédiatrie, j’aurai besoin de ces compétences pour pouvoir développer un traitement qui fonctionne avec mes patients.

Par ailleurs, je vais évoluer en tant que personne. Je pense qu’on se plaint trop pour des futilités comme par exemple le couvre-feu qu’on nous a imposé, alors que là-bas la préoccupation principale est de trouver de l’eau. Cette expérience arrive à un moment clé de ma vie où je vais découvrir qui je suis et réfléchir aussi à l’importance que j’accorde à chaque chose.

Vous allez aussi travailler avec des professionnels de la santé (logopède, kinésithérapeute, éducateur sportif adapté). Pourquoi vous croyez que cette collaboration avec les autres disciplines est nécessaire ? 

C’est une chance de pouvoir partager notre passion pour la kinésithérapie avec d’autres professionnels qui sont eux aussi passionnés par leurs professions. Je crois que je vais beaucoup apprendre avec eux, car ils ont plus d’expérience que moi. De plus, pour effectuer un bon suivi du patient, il est très important de partager et d’échanger différents points de vue. Par exemple, les orthophonistes me donneront du matériel que j’utiliserai pendant les séances de kinésithérapie pour améliorer leur efficacité.

Nous avons également accès à des dossiers en ligne contenant tout le travail des thérapeutes pour pouvoir continuer sur cette même ligne. Après chaque traitement, nous devons enregistrer ce que nous avons fait dans la matinée et proposer de nouveaux objectifs de traitement pour la prochaine séance.

Sortir de sa zone de confort

En quoi ce que vous avez appris pendant vos études, va vous aider dans ce projet ?

Ce que j’ai appris au CEU se base sur les connaissances de mes professeurs et de leur propre expérience. C’est donc quelque chose qui va beaucoup m’aider. Il faut avoir une bonne formation théorique en kinésithérapie pour aider les patients. En plus, les professeurs qui nous enseignent kinésithérapie en pédiatrie m’ont dit que je pouvais leur envoyer toutes mes questions. Je leur en enverrai surement pendant mon séjour. A l’université, on nous prépare très bien pour travailler dans une clinique bien équipée, mais je vais devoir faire preuve d’imagination pour travailler sur le terrain sans aucune ressource…

Que diriez-vous à vos camarades à propos de la collaboration solidaire ?

Il faut sortir de sa zone de confort. C’est comme ça qu’on se surpasse et qu’on découvre réellement qui on est. Je suis de la génération des réseaux sociaux, et là-bas j’aurai à peine de réseau pour dire à ma famille que je suis vivant. Je dépends beaucoup des technologies, beaucoup trop en fait.  L’objectif est de m’ouvrir à une culture complètement différente à la nôtre, à une langue inconnue et surtout de croire en moi parce que même si j’ai un tuteur là-bas, il faudra que je sois responsable. Je pense que ça doit venir de nous. Tout le monde n’est pas fait pour ça, il y a des gens qui préfèrent travailler pour d’autres associations comme les associations de maltraitance animale. Je respecte et j’admire ces personnes mais personnellement je ne pourrais pas.

Pourquoi c’est important pour un professionnel ou futur professionnel en kinésithérapie ? 

Le plus important lorsque vous participez lorsque vous participez à une collaboration de ce type c’est de faire passer les autres avant vous pendant une période. Et si vous n’en êtes pas capable, ne le faites pas. Vous pouvez tout de même nous aider tout comme de nombreux camarades, en participant à la collecte que j’ai créée dans l’intranet. Beaucoup se sont intéressés à mon projet dont l’objectif est aussi d’encourager la kinésithérapie solidaire, montrer aux autres que c’est possible et que ce n’est pas si compliqué.

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